Bucugnà accueille la Toscane
La foire reçoit cette année une délégation venue de Maremma, une région de la Toscane. On pourra découvrir les produits locaux et, pour la première fois, les acheter

S’ouvrir aux autres, échanger et partager, tels sont les maîtres mots qui animent la démarche du foyer rural de Bucugnà.
Depuis plusieurs années maintenant, A fiera di a castagna travaille avec l’étranger. Elle a déjà reçu l’Italie et la Finlande, entre autres.
Récemment, quatre de ses membres ont fait le déplacement en Toscane afin d’y rencontrer le Président de la Province de Grosseto, le Président du Far Maremma, le consortium des artisans Con’Arte, l’association Castagna del’Amiata, trois routes des vins et le Parc régional. Les échanges ont été d’une telle richesse qu’A Fiera di a castagna est aujourd’hui à un tournant de son existence.

S’ouvrir à l’Europe
En effet, pour la première fois, outre les traditionnelles présentations et dégustations, les visiteurs d’A Fiera di a Castagna auront la possibilité d’acheter des produits artisanaux et agro-alimentaires toscans.
Pour le foyer rural de Bucugnà, il ne s’agit pas de mettre nos produits régionaux en concurrence mais tout simplement de dynamiser cette manifestation qui ira perpétuellement dans le sens de l’ouverture, notamment vers l’Europe.
Dans cette perspective, l’association va collaborer durant les deux prochaines années avec l’Espagne, le Portugal et l’Italie dans le cadre du programme européen Leader+. Les quatre partenaires mettent en place actuellement un projet commun ayant pour thème la châtaigne.
Ces collaborations viennent du constat suivant : aujourd’hui, dans tous les domaines, il apparaît très nettement que notre île a besoin de partager et de tirer profit des expériences étrangères.

Une région exemplaire
À ce titre, la Toscane, et plus particulièrement la Maremma est une région exemplaire. En effet, elle est l’une des plus dynamiques en Italie du point de vue de la promotion de son patrimoine naturel, culturel, agricole et artisanal.
Si la Maremma possède des criques et des plages de sable fin, c’est surtout le respect des traditions et la transmission des savoir-faire qui ont fait son succès.
Par ailleurs, le patrimoine culturel colossal de la Maremma est témoin de l’histoire et des antiques origines de cette terre où les diverses cultures ont réussi à se rencontrer et à s’intégrer en parfaite harmonie.
De même, la qualité de la gastronomie mérite à elle seule le voyage en Maremma. Les délices des recettes d’antan sont devenus un art qui produit une variété infinie de plats caractéristiques, qui exaltent des saveurs encore intactes.

La Maremma vient à nous
La Maremma sera placée au coeur du chapiteau. On y retrouvera des institutionnels mais aussi des artisans et des agriculteurs. Une conférence est également prévue (voir le programme de la manifestation). Elle traitera des rapports entre notre île et cette région toscane au XVième siècle.
C’est un voyage exceptionnel que nous vous invitons à faire aujourd’hui.
Venez fêter l’AOC farine de châtaigne corse
Au mois de juin dernier, la farine de châtaigne corse a obtenu une appellation d’origine contrôlée (AOC). Le foyer rural U Castagnu et le Groupement Régional de Producteurs et Transformateurs de Châtaignes et de Marrons de Corse vous invitent à fêter ce succès tout au long du week-end.

Il aura fallu six années pour aboutir à l’obtention d’une AOC et combler un vide juridique. Jean-Yves Acquaviva, producteur à Lozzi, et Président du Syndicat de défense de l’AOC, nous explique les enjeux que véhicule ce sigle.
- Concrètement, que représente une AOC, pour le consommateur et pour la profession ?
- Jean-Yves Acquaviva : Pour les castanéiculteurs d’abord, cette AOC est la reconnaissance de leur savoir-faire et de leur travail. De plus, elle nous donne la possibilité de protéger ce produit traditionnel. Enfin, c’est également un signe de cohésion car nous avons su nous rassembler et échanger afin de valoriser notre métier. Pour autant, l'obtention d’une AOC n’est qu’une première étape, les fondations. Tout le reste est à construire. Pour les consommateurs, c’est une garantie. Ce sigle fait partie de la culture des acheteurs. Si en Corse le produit est largement connu, l’AOC est un argument supplémentaire pour le consommateur extérieur à l’île.
- Que va changer l’AOC ?
- J.-Y. A. : En priorité c’est une assurance que le produit est bien corse. La profession, sous couvert de l’INAO, donne la garantie que le savoir-faire du producteur est validé. À travers la démarche AOC, nous avons su faire évoluer la tradition pour mieux la transmettre à nos enfants. C’est le fruit de la tradition mais aussi de l’expérience acquise ces trente dernières années dans la modernisation. Aujourd’hui, des personnes dont c’est le métier vont pouvoir expliquer au consommateur comment on fabrique de la farine de châtaigne et pourquoi on la fait de cette manière. L’exigence de qualité est accrue car les castanéiculteurs sont garants les uns des autres
Cette garantie sera matérialisée par une vignette de couleur verte. Cette couleur changera chaque année. Puis, dans deux ans, la farine de châtaigne en AOC sera obligatoirement vendue sous vide, hormis pour la vente directe.
- Comment obtient-on cette appellation ?
- J.-Y. A. : Pour l’heure, les demandes d’AOC concernent une cinquantaine de producteurs. C’est un bon chiffre car on recense à peu près 70 castanéiculteurs. Pour l’obtenir, il faut tout d’abord être adhérent du syndicat. Il faut ensuite en faire la demande avant le 30 juin 2007 (pour la saison prochaine). Nous vérifions ensuite que les déclarations faites par le producteur sont bien conformes aux réalités du terrain. Puis, au moins une fois par an chez chaque castanéiculteur, nous effectuons des prélèvements et des dégustations. C’est une gestion collective et surtout responsable.
- Quelle est la prochaine étape ?
J.-Y. A. : L’obtention de l’AOC n’est pas une fin en soi, c’est, au contraire, le début de quelque chose. Nous avons beaucoup de travail pour s’assurer que notre message est bien passé. Il faudra, je pense deux ou trois années pour roder le système. Puis nous entamerons une démarche en Appellation d’Origine Protégée (AOP), reconnaissance européenne du produit, qui nous ouvrira de nouvelles perspectives.

- Reconnaissance, valorisation, n’y a-il pas un enjeu plus politique derrière l'obtention de cette AOC farine de châtaigne corse ?
- J.-Y. A. : Il faut savoir tout d’abord que, à l’origine, si nous déposons une demande d’AOC, c’est aussi parce que les pouvoirs publics ont beaucoup insisté sur le fait qu’ils soutiendraient les filières engagées dans des démarches de qualité. Pour nous, l’AOC est une façon de revaloriser cet arbre qui n’a pas la place qu’il mérite, tant dans l’imaginaire populaire que dans la politique agricole menée actuellement en Corse. Nous avons relancé une filière ; nous attendons maintenant que les paroles des pouvoirs publics soient suivies des faits. Vous savez, l’AOC peut être un levier, un outil supplémentaire à proposer aux personnes qui voudraient se lancer dans la castanéiculture. Nous souhaitons intégrer plus de monde à notre filière et à notre démarche en évitant absolument les projets invraisemblables qui sont proposés par les administrations. Aujourd’hui, les personnes qui veulent s’installer sont très mal orientées et conseillées. C’est pourquoi, forts de notre connaissance du terrain et du métier, nous voulons intervenir en amont dans le montage des dossiers pour aider les gens à mieux structurer leur projet.

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